O-LRNIS : ce que la loi exige vraiment de votre cabinet laser
L'O-LRNIS n'impose ni store ni norme EN 12254. Ce qu'elle impose, ce qui vient en réalité de la Suva, et ce que cela change pour la fenêtre de votre cabine.
Depuis le 1er juin 2024, plus personne dans l'esthétique n'ignore le sigle O-LRNIS. Ce qui reste flou, c'est ce que cette ordonnance demande — et surtout ce qu'elle ne demande pas.
Nous recevons régulièrement des demandes qui commencent par « l'OFSP impose désormais des stores EN 12254 aux esthéticiennes ». La formule circule, elle est fausse, et la confusion fait perdre du temps à tout le monde. Voici le tri, avec les sources.
Ce que dit l'O-LRNIS
L'ordonnance relative à la loi fédérale sur la protection contre les dangers liés au rayonnement non ionisant et au son (O-LRNIS, RS 814.711) encadre les traitements esthétiques réalisés au laser, à la lumière pulsée, aux ultrasons ou à la radiofréquence.
Son mécanisme est simple. Certains traitements ne peuvent plus être réalisés que par une personne titulaire d'une attestation de compétence délivrée par un organisme d'examen reconnu par le Département fédéral de l'intérieur. D'autres sont réservés aux médecins ou à leur personnel directement instruit : lasers ablatifs, Nd:YAG à impulsion longue, HIFU, lipolyse au laser. Quelques-uns sont purement interdits, comme le retrait de nævi à mélanocytes.
Le régime est pleinement applicable depuis le 1er juin 2024. L'OFSP tient un registre des personnes qualifiées, et ce sont les organes cantonaux qui contrôlent les établissements.
Le point que tout le monde manque : l'ordonnance porte sur la personne qui traite, pas sur le local. L'aide à l'exécution publiée par l'OFSP en août 2025, celle-là même dont se servent les contrôleurs cantonaux, ne mentionne ni fenêtre, ni store, ni norme EN 12254. Elle cite deux normes, SN EN 60825-1 et SN EN 62471, et uniquement pour classer les appareils.
D'où vient alors l'obligation d'occulter
De la protection des travailleurs, pas de la santé publique. C'est un autre régime, avec un autre organe d'exécution.
Un appareil d'épilation appartient le plus souvent à la classe 4, la plus élevée. Pour les classes 3B et 4, la Suva demande que le faisceau soit confiné dans une enceinte ramenant le risque à celui d'un laser de classe 1. Si ce n'est pas réalisable, l'appareil doit être utilisé dans une zone délimitée et contrôlée, où aucune personne non autorisée ne peut être exposée. Un responsable de sécurité laser doit par ailleurs être désigné par écrit, avec ses tâches.
Une cabine de traitement dotée d'une fenêtre n'est pas une zone contrôlée tant que cette fenêtre laisse passer le rayonnement. C'est là, et seulement là, que le store entre dans l'histoire.
Ce qu'apporte la norme EN 12254
EN 12254 est la norme européenne des écrans de protection pour les postes de travail au laser. Elle définit comment un écran est testé, quelle atténuation il garantit pour un couple longueur d'onde / puissance donné, et comment il doit être marqué et documenté.
Elle ne crée aucune obligation. Elle sert à prouver quelque chose : que l'écran posé devant votre fenêtre tient réellement le rayonnement de votre appareil. Devant un contrôleur, un store marqué et documenté vaut mieux qu'une bonne intention.
Pourquoi un store occultant ordinaire ne suffit pas
Les appareils d'épilation travaillent généralement entre 400 et 2000 nm. Une bonne partie de cette plage est invisible, et le verre à vitre y est largement transparent.
Un tissu occultant, lui, est conçu pour arrêter la lumière visible. Personne ne l'a testé à 755 nm ou à 1064 nm, ni sous exposition répétée. Un film solaire ou un vitrage teinté encore moins.
Et le faisceau direct n'est pas le seul en cause. La réflexion sur une surface brillante — un chariot, un miroir, un bijou resté au poignet — et la diffusion sur la peau suffisent à envoyer de l'énergie vers la vitre. En rez-de-chaussée ou en vitrine, la zone à protéger inclut le trottoir.
Dernier détail, celui qui fait échouer la plupart des installations bricolées : le problème vient presque toujours des bords, pas du centre du tissu. Un écran parfait posé avec deux centimètres de jour sur le côté ne protège rien du tout.
Les questions à régler avant de commander
Un store laser n'est pas un article de catalogue. La densité optique nécessaire dépend entièrement de votre machine. Avant de demander une offre, réunissez :
- la marque et le modèle de l'appareil ;
- les longueurs d'onde utilisées, en nanomètres ;
- la puissance moyenne ou l'énergie par impulsion ;
- la classe du laser (3B, 4, 1C) ;
- les dimensions du tableau de fenêtre ;
- le type de pose envisagé : en tableau, en applique, au plafond ;
- vos contraintes : vitrine sur rue, local en location, hauteur d'accès.
Un fournisseur qui vous chiffre une protection sans ces éléments ne vous engage sur rien. Et une protection non qualifiée ne vous met pas en conformité.
Ce que nous faisons
Nous relevons votre fenêtre sur place, nous faisons fabriquer un écran qualifié pour vos longueurs d'onde et votre puissance, et nous le posons avec les recouvrements et les coulisses qui suppriment les fuites latérales. La documentation de conformité suit le produit.
Le détail de notre offre pour les instituts et centres d'épilation est sur la page protection laser en cabinet esthétique. Pour les laboratoires, blocs opératoires et ateliers, voir stores et rideaux laser.
Sources
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